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Toxiques respiratoires

Selon la nature du produit en cause, les manifestations vont de l’irritation pulmonaire plus ou moins prononcée à l’œdème aigu pulmonaire en passant par les ulcérations, les bronchites, les crises d’asthme…

Elimination pulmonaire

Le mode d’élimination par voie pulmonaire concerne en particulier les substances volatiles dont la tension de vapeur est importante à 37°C en raison d’un point d’ébullition assez bas. Outre des propriétés anesthésiques générales, ces produits présentent également une tendance à provoquer des fibrillations ventriculaires en cas d’administration d’adrénaline ou de noradrénaline.

L’élimination par voie pulmonaire se traduit par :

• Une hypoxie provoquée par le remplacement de l’oxygène par une certaine proportion de la vapeur du toxique ;

• Une tendance à l’œdème pulmonaire.

Pour éliminer rapidement le toxique, sans alcalose excessive, on aura recours à la ventilation assistée à fréquence normale et utilisant à parts égales oxygène et air.

Pour prévenir tout risque d’intoxication chez les intervenants, on installera un tuyau afin d’évacuer l’air expiré en dehors de la pièce où est soignée la victime.
L’assistance strictemen
t inspiratoire, par pression positive intermittente, que l’on mettra en place en cas d’œdème pulmonaire débutant assure, en règle générale, la disparition de l’exsudat alvéolaire.

Principaux produits responsables de détresses respiratoires aiguës

Acétaldéhyde : dépression du système nerveux central, coma pouvant conduire à l’arrêt respiratoire (en cas d’ingestion).

Acétonitrile. - dépression respiratoire (intoxication suraiguë).
Acides et caustiques de type acide.- bronchospasme parfois d’emblée responsable d’une détresse respiratoire.

Alcènes gazeux.- asphyxie.

Alcool méthylique. -décès par dépression respiratoire dans 25% des cas.

Ammoniac.- mort par insuffisance respiratoire aiguë (inhalation massive).

Anhydride d’azote.- détresse respiratoire aiguë avec œdème pulmonaire massif (intoxication suraiguës).

Anhydride sulfureux.- mort asphyxique d’emblée (rare) ou suffocation brutale et cyanose (intoxication suraiguë : 400-500ppm). Détresse respiratoire aiguë survenant plusieurs jours après l’inhalation et traduisant une bronchiolite oblitérante.

Argon.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène de l’air.

Azote.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène de l’air.

Baryum (composés solubles).-risque de mort par arrêt respiratoire.

Brome.- détresse respiratoire aiguë avec toux incessante, cyanose, douleurs thoraciques.

Bromure de cyanogène.- arrêt cardio-respiratoire.

Bromure de méthyle.- La mort peut survenir précocément dans un tableau de coma avec œdème pulmonaire aigu (et insuffisance respiratoire aiguë).

Butène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène de l’air.

Butyne.- .- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène de l’air.

Carbonyl fluoruré.- gaz irritant et asphyxiant.

Chlorate de potassium et chlorate de sodium.- risque d’installation d’une dépression respiratoire à la suite de la méthémoglobinémie.

Chlore.- à concentration élevée agit comme un gaz asphyxiant responsable de crampes des muscles du larynx.

Chlorure de zinc.- œdème pulmonaire parfois mortel avec cyanose et dyspnée.

Cis butène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Chlorure de cyanogène.- anoxie et mort après inhalation de quelques bouffées.

Décafluorobuthane .- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Deutérium.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Diazométhane.- risque d’arrêt respiratoire.

Difluorométhane.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Dioxyde d’azote.- détresse respiratoire aiguë (exposition à de fortes concentrations).

Dioxyde de soufre.- mort asphyxique d’emblée (rare) ou suffocation brutale et cyanose (intoxication 400 à 500 ppm). Détresse respiratoire aiguë survenant plusieurs jours après l’inhalation et traduisant une bronchiolite oblitérante.

Ethane.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Ether éthylique.- la mort peut survenir par arrêt respiratoire.

Ethylène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Fluor.- détresse respiratoire aiguë.

Gaz inertes.- asphyxie si l’atmosphère contient moins de 5 % d’oxygène.

Hélium.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Hexafluorure de soufre.- à concentration élevée, agit comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Hydrogène sulfuré.- arrêt respiratoire et mort quasi instantanée (par inhalation massive).

Hydroquinone.- défaillance respiratoire (après ingestion).
Krypton.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Méthacrylate de méthyle.- possibilité de mort par œdème aigu pulmonaire ; syndrome asphyxique (après collapsus).

Méthane.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Méthylacétylène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Méthylpropène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Monochlorohydrine de glycol.- défaillance cardio-respiratoire.

Monofluoroéthylène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Monofluorométhane.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Monoxyde d’azote.- détresse respiratoire aiguë en cas d’exposition, même très brève, à de fortes concentrations.

Naphtyl thiourée.- risque d’œdème pulmonaire mortel.

Néon.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Nickel tétracarbonyle.- risque de décès

• rapide par insuffisance respiratoire (concentration élevée).

• par œdème pulmonaire et cérébral entre les 4e et 11e jours.

Octofluoropropane.- à concentration élevée, agit comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air.

Organo-phosphorés.- l’hypoxie et surtout l’insuffisance respiratoire provoquée à la fois par la bronchoconstriction, l’hypersécrétion bronchique, la paralysie des muscles respiratoires et la dépression centrale peuvent conduire à la mort de la victime.

Oxyde d’éthylène.- détresse respiratoire aiguë (à forte concentration).

Ozone.- œdème pulmonaire, hémorragie et mort dans les cas les plus graves.

Pentachlorure de niobium.- paralysie respiratoire.

Phosgène.- défaillance cardio-respiratoire.

Pipéridine.- risque d’apnée.

Propadiène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air.

Propylpipéridine.- risque d’apnée.

Sesquioxyde d’azote.- détresse respiratoire aiguë (à concentration élevée).

Sulfate de diméthyle.- à forte concentration, œdème laryngé et œdème aigu pulmonaire (dont la survenue est souvent retardée) susceptibles de provoquer la mort de l’intoxiqué.

Tétrachloroéthane.- risque de paralysie respiratoire.

Tétrachlorure de carbone.- tendance à l’apnée.

Transbutène.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air respiré.

Trichloroéthylène.- mort par œdème aigu pulmonaire (ou par sidération des centres nerveux).

Triorthocrésyl phosphate.- risque d’arrêt respiratoire par paralysie diaphragmatique).

Trioxyde de soufre.- détresse respiratoire avec œdème pulmonaire ; cyanose et anoxie.

Xénon.- peut agir comme asphyxiant par déplacement de l’oxygène dans l’air.

De manière plus exhaustive, les tableaux ci-dessous regroupent les principaux produits industriels reconnus comme dangereux pour les voies respiratoires.






A.F.A.T.M : juin 2007

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