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MONET Claude (1840 – 1926)

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Oscar Claude Monet naît à Paris le 14 novembre 1840, au 45 rue Laffitte dans le IXe arrondissement. Alors qu’il a 5 ans, toute sa famille part pour la Normandie et s’installe au Havre. Très tôt, il affirme sa passion pour le dessin et prend des cours dans l’atelier d’Ochard, un ancien élève de david. Ses premiers dessins sont des caricatures de personnages et des esquisses de bateaux et de paysages qu’il croque en plein air.

En 1857, sa mère décède et il abandonne ses études. Sa tante le recueille et l’encourage à continuer le dessin. Il vend ses caricatures signées O. Monet chez un commerçant spécialisé dans le matériel pour peintres, où expose également Eugène Boudin. C’est là qu’il fait la connaissance de celui dont il dira plus tard : « Si je suis devenu un peintre, c’est à Eugène Boudin que je le dois. ». Sur ses conseils il commence à peindre. L’année suivante, il part pour Paris et entre à l’académie suisse où il rencontre Pissarro.


Après avoir fait son service militaire en Algérie, il rentre en France et passe l’été 1862 à travailler à Sainte Adresse avec Boudin et Jongkind. A l’automne, il est à Paris et commence à étudier dans l’atelier de Charles Gleyre où il se lie d’amitié avec Renoir, Bazille et Sisley. Rapidement les quatre jeunes gens vont peindre en plein air, dans la forêt de Fontainebleau. C’est là que Monet réalise, pendant l’été 1865, son fameux tableau Le déjeuner sur l’herbe qu’il compte exposer au Salon de 1866. Dans cette grande toile, il cherche à trouver la solution pour rendre les reflets de la lumière sur les arbres, sur les visages et les habits des personnages, sur chaque élément de la composition. Il procède par de larges taches et par des aplats de couleurs vives, parfois différentes de la couleur de référence. Malheureusement cette œuvre, roulée, va être endommagée par l’humidité. Monet est contraint de la découper pour n’en conserver qu’une partie gauche et la partie centrale (conservée au musée du Jeu de Paume). Une esquisse de cette toile dans sa version complète existe ; elle est conservée au musée de Moscou. Monet envoie au Salon un autre tableau Portrait de Camille aussi appelé La dame à la robe verte. Son modèle, Camille Doncieux, deviendra quelques années plus tard son épouse. Elle lui servira de modèle à plusieurs reprises, notamment pour Femmes au jardin, peint vers la fin des années 1860.

En ce milieu des années 1860, Monet peint des vues de Paris et fait de fréquents voyages en Normandie où il peint les plages et les paysages de bord de mer. Dans toutes ses toiles, il s’attache à rendre, grâce à de petites touches rapides, la vibration de l’atmosphère. Déjà sa peinture est sensible à l’impact de la lumière sur la couleur et les formes : La plage de sainte Adresse ; La terrasse du Havre… C’est aussi à cette époque, vers 1867-1870, que Monet peint un paysage de neige, La pie.

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Les Nymphéas, détails

En 1869, Monet s’installe près de Bougival, puis il emménage avec sa femme dans une maison à Argenteuil, près de la Seine. Il peint en compagnie de Renoir Les bains de la Grenouillère à Bougival, un tableau où le miroitement de l’eau est évoqué de façon remarquable.

En 1870, à la déclaration de la guerre, il quitte la France et se rend à Londres où il retrouve Pissarro. Il étudie les peintres anglais, notamment Constable et Turner, et fait la connaissance de Paul Durand-Ruel, propriétaire à Paris d’un magasin de fournitures pour artistes et d’une galerie où il expose les toiles des peintres de Barbizon. En 1870, Durand-Ruel transporte ses tableaux à Londres et ouvre une galerie dans New Bond street où il expose des œuvres de Pissarro, Sisley, Degas, Renoir, Manet et bientôt Monet. De retour à Paris en 1872, il deviendra le marchand de tableaux sur lequel les peintres « refusés » (au Salon) pourront toujours compter.

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Les Nymphéas,details

Monet rentre en France en 1871, en passant par la Hollande. De 1872 à 1878, il est à Argenteuil. C’est une période faste et féconde. Sa vision artistique est d’une acuité extrême et il parfait sa technique de la touche morcelée en une multitude de petites virgules de peinture juxtaposées de façon à obtenir un mélange optique des tons. Il fait beaucoup moins de compositions avec personnages et se concentre sur les paysages. De passage au Havre en 1872, il peint sa fameuse toile Impression soleil levant qui met en scène un paysage enrobé dans un poudroiement de lumière, et qui devait donner son nom au mouvement impressionniste. Monet l’expose avec quatre autres tableaux et sept esquisses lors de la première manifestation du groupe impressionniste en 1874. L’exposition n’obtient pas le succès attendu par les peintres et certains critiques sont mordants, particulièrement Louis Leroy du journal Charivari qui, inspiré par l’intitulé de ce tableau, se sert du mot « impression » pour se moquer du style des exposants. Lors de la troisième exposition impressionniste, en 1876, les peintres vont reprendre le terme d’« impressionnisme » pour identifier leur style.

De cette époque datent des chefs d’œuvres où la lumière est captée dans la pureté de ses tons et les miroitements de l’eau rendus grâce à des touches morcelées : Carrières Saint Denis ; Les régates d’Argenteuil ; Le pont de chemin de fer à Argenteuil ; Les coquelicots ; Grosse mer à Etretat ; Les barques… Les toiles faites à Argenteuil sont la version particulièrement aboutie du style impressionniste de Monet qui parvient à rendre de manière fascinante le scintillement de la lumière et ses reflets dansants sur l’eau. Il persuade Manet de venir travailler avec lui à Argenteuil.

En cette fin des années 1870, Monet peint des vues de Paris : Vue des Tuileries ; La rue Montorgueil aux drapeaux et il commence, en 1877, une série de toiles sur La gare saint Lazare. L’idée est de peindre un même thème sous divers éclairages, à divers moments de la journée, à diverses époques. La gare Saint Lazare lui semble le lieu idéal pour étudier les effets changeant de la luminosité, la mobilité du sujet, les nuages de vapeur. Il en fait une série de peintures avec des points de vue différents, dont des représentations du vaste hall. Au delà de la géométrie de l’architecture métallique, ce sont les effets colorés et lumineux qu’il veut rendre, l’atmosphère particulière de la gare envahie par la fumée des locomotives.

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Au début de 1878, Monet est à Vétheuil. Il continue à peindre les bords de Seine et il trouve également un autre champ d’investigation : l’étude des variations atmosphériques sur un paysage observé sous le soleil, la pluie, le vent, la neige, le givre. Il s’attache en particulier à traduire l’irisation et les effets nacrés de la lumière sur la neige : Vétheuil en hiver ; L’église de Vétheuil, effet de neige ; Entrée de village à Vétheuil sous la neige… Sa femme Camille décède le 5 septembre 1879. Il reste à Vétheuil et continue à peindre. L’hiver 1880 est particulièrement rigoureux, ce qui lui inspire sa première série sur La débâcle des glaces sur la Seine, série qu’il poursuivra jusqu’en 1883 environ.

En avril 1883, Monet vient se fixer à Giverny près de Vernon dans l’Eure, dans une maison qu’il avait aperçue quelques mois auparavant alors qu’il se trouvait dans le tortillard qui le menait de Vernon à Gisors. Ce n’était alors qu’une bâtisse aux murs roses ouvrant sur un verger planté de pommiers. Il habitera là jusqu’à la fin de sa vie. Lorsqu’il s’installe à Giverny, il a 43 ans. Il aménage la grande maison et transforme le verger en un vaste jardin floral. Rapidement il en fait le royaume des pivoines, des lys, des iris, des digitales… si bien qu’il ne faudra pas moins de cinq jardiniers attachés à son service pour les renouveler au rythme des saisons. Dix ans après son emménagement, il acquiert, au-delà de la voie ferrée contre laquelle vient buter son verger, un terrain marécageux avec l’intention d’y faire creuser un bassin. C’est ce bassin, envahi par les nymphéas, et le petit pont japonais qui l’enjambe, qui lui inspirera quelques-uns de ses tableaux les plus connus, dont les tous derniers. Sur la toile, les nymphéas jaunes, blancs, rouges, mauves, deviennent autant de touches vives. S’y ajoute toute la gamme des fleurs rares envoyées du japon par Tadamasa Hayashi, un collectionneur et marchand japonais installé à Paris avec lequel il est en relation d’affaires.

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En 1885-86, il fait plusieurs voyages en Bretagne et en Normandie, ponctués de toiles. En 1886, il fait un court séjour à La Haye et en 1889, il peint en Creuse.
Sa notoriété grandit. En 1889, il fait une exposition avec Rodin.

C’est à partir de 1892 que Monet entreprend ses « séries » : Les meules de foin (1890-1891) ; Les peupliers (1891-1892) ; La cathédrale de Rouen (1892-1894). Avec ses séries, il veut monter comment le sujet (les meules ou les peupliers par exemple) est transformé par la lumière et ses reflets selon l’heure du jour et la saison : « Je m’entête à une série d’effets différents sur les meules, écrit-il alors, mais à cette époque le soleil décline si vite que je ne peux le suivre. Je deviens d’une lenteur à travailler qui me désespère mais plus je vais, plus je vois qu’il faut beaucoup travailler pour arriver à rendre ce que je cherche : l’instantanéité. » . Avec les cathédrales, il pousse sa recherche encore plus loin, réalisant une quarantaine de toiles à partir de trois emplacements distincts en face de l’édifice et à différentes heures du jour. Vingt toiles de la cathédrale sont exposées à la galerie de Durand-Ruel en 1895.

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Environ de Honfleur, neige

Lors de son premier séjour en Angleterre, en 1870, pour fuir la guerre franco-prussienne, il avait eu l’occasion d’admirer les œuvres du peintre britannique Turner et avait été impressionné par sa manière de traiter la lumière, notamment dans les œuvres présentant le brouillard sur la Tamise. Ce qu’il avait vu à Londres l’incite à y revenir plusieurs fois. Lors de séjours de 1899 à 1901 1901, prolongés par son travail en atelier jusqu’en 1904, il peint une autre série de tableaux, près d’une centaine, sur le thème du brouillard de Londres sur la Tamise.

En 1908-1909, il séjourne à Venise, séduit par cette ville où l’eau occupe une place de premier ordre. Il en rapporte en particulier : Le Palais ducal ; Le grand canal.

Après la guerre de 1914-18, sa vue s’affaiblit et il se consacre presque uniquement à peindre ses nymphéas, son jardin aménagé, son étang et le petit pont. Sa cataracte altère notablement sa vue. Il subit une opération de l’œil droit, mais elle se passe mal et il en conserve des séquelles si bien qu’il renonce à faire opérer son œil gauche. La maladie évoluant, elle aura un impact croissant sur ses derniers tableaux qui n’en demeurent pas moins remarquables par la féerie qui s’en dégage. Les miroitements de l’eau, les touches de couleurs florales des nymphéas sont un véritable enchantement.

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La débâcle prés de Vétheuil

Claude Monet décède le 5 décembre 1926 à Giverny. Quelques mois avant sa mort, il déclarait, se penchant sur sa carrière : « J’ai toujours eu horreur des théories… Je n’ai eu que le mérite d’avoir peint directement devant la nature, en cherchant à rendre mes impressions devant les effets les plus fugitifs, et je reste désolé d’avoir été la cause du nom donné à un groupe dont la plupart n’avait rien d’impressionniste. »

Edition GUS’ART octobre 2010

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