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La sculpture du XIXe et du début du XXe siècle
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Bartholdi- Statue de la libeté ; port de New-York

La sculpture prend au XXe siècle une place sans précédent consacrant à la fois la tradition et le passage vers l’art moderne.

Cet art demeure très contraint, obéissant à des critères académiques stricts et soumis très largement aux goûts de ses commanditaires, dont l’Etat, protecteur des arts, qui est à l’origine de plusieurs commandes notamment sous Louis Philippe puis sous le second Empire et la troisième République.
Ces commandes souvent s’accompagnent de vastes programmes d’urbanisme associés à de grands projets architecturaux dans lesquels la sculpture va prendre sa place pour orner les principaux monuments, les espaces publiques et les cimetières.,

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Dalou ; Triomphe de la République, place de la Nation, Paris

La France va alors s’imposer comme référence universelle grâce au talent de quelques grands sculpteurs qui se distinguent sur un fond de conformisme général et dont l’œuvre majeure va marquer le siècle : Rude (La Marseillaise, Arc de Triomphe de l’Etoile 1835-1836, statue du Maréchal Ney, place de l’Observatoire à Paris, Mercure rattachant sa talonnière, 1927, Pométhée animant les arts, bas-reliefs pour le corps législatif, La douceur, jeune fille caressant un oiseau pour le tombeau de Cartellier au cimetière du Père Lachaise, Louis XIII, statue en argent pour le duc de Luynes, Gaspard Monge, statue de bronze érigée à Beaune, Godefroy Cavaignac, statue couchée en bronze au cimetière de Montmartre), Carpeaux (groupe La Danse, destiné à orner la façade de l’Opéra Garnier ou encore la fontaine de l’Observatoire), Bartholdi (le Lion de Belfort, place Denfert Rochereau à Paris ou encore la célèbre Statue de la Liberté placée à l’entrée du Port de New-York), Dalou (Le triomphe de la République, place de la Nation à Paris, bas-relief de la statue de la République, place du château d’eau, Le Centaure Nessus enlevant Déjanine, Centaure enlevant une femmeCentaure lapidant un homme), Pradier (Renommées, groupes

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Cortot -Triomphe de 1810, célébrant la paix de Vienne
sculptés pour l’Arc de Triomphe de l’Etoile), Etex (La Paix, La Résistance, groupes sculptés également pour l’Arc de Triomphe de l’Etoile), Rodin (Le Penseur), Maillol (Méditerranée, Monument à Cézanne, Rivière, Air...), Bourdelle, …).

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Maillol - Air (plomb)

L’œuvre des sculpteurs illustre l’enchevêtrement des principaux courants qui vont caractériser ce siècle : le néo-classique qui s’inspire des modèles antiques avec Houdon (1741-1828), ou encore Bosio (1768-1845), le retour au style avec Albert Bartholomé (1848-1928, Monument aux morts du Père Lachaise), le réalisme avec Dalou (Le grand paysan) ou Henri Bouchard (La carrière, Parc Montsouris à Paris), le romantisme qui s’exprime en réaction contre l’idéal antique. Il se caractérise par une volonté de faire prévaloir le sentiment sur la raison et se traduit par un art plus personnel, s’attachant à traduire la réalité des modèles. Les artistes cherchent l’évasion dans le rêve ou l’exotisme. Ils exaltent la sensibilité, le goût de la nature, du mystère et de la mort. Il s’agit d’une réaction contre le rationalisme du siècle précédent.

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Etex - La Résistance

Préault, David d’Angers (buste de Pagani en bronze), Rude (Napoléon mort, veillé par un ange) s’inscriront également dans ce mouvement.

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Rude - La Marseillaise

Plus tard, à partir de 1840, ces sculptures considérées comme non académiques seront rejetées presque systématiquement et exclues des Salons.
Le romantisme se caractérise aussi par son inspiration puisée dans les modèles de la Renaissance ou dans la littérature avec de grands écrivains comme Shakespeare ou plus encore Dante, auteur de La Divine Comédie dont les personnages vont marquer l’œuvre de Rodin (La Porte de l’Enfer, tirée de cet ouvrage va demeurer inachevée).
Héritier de Michel Ange dont il se réclame, mais également de Carpeaux ou de Daumier aux modelages nerveux, Rodin, dernier sculpteur romantique, va rompre avec l’académisme et l’esthétisme existants.
Après son Balzac (1898), refusé par la Société des gens de Lettres qui en avaient fait la commande, et placée aujourd’hui au carrefour Montparnasse et Raspail, on pressent l’épuisement de la figure humaine.
L’œuvre de Rodin au goût d’inachevé et de fragmentaire préfigure l’art moderne.


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Rodin - Balzac

Parallèlement, la sculpture animalière d’édition ou monumentale va connaître un développement

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Aimé Millet L’Amérique du Sud

sansprécédent et les artistes français bénéficient alors d’une réputation internationale : groupes animaliers à Baltimore, statue équestre par Cain à Genève, statue de Lafayette par Barthodi aus USA.
Dans ce domaine, il convient de souligner le rôle essentiel d’Antoine - Louis Barye qui par son talent, sa persévérance et sa détermination réussit à imposer la sculpture animalière, alors rejetée par les milieux artistiques officiels (Lion assis, Jaguar dévorant un lièvre...). Ses premières œuvres font leur apparition au Salon de 1831. Il a été suivi dans cette voie par d’autres grands maîtres : Pierre-Jules Mêne, Auguste-Nicolas Cain, Emmanuel Frémiet, Christophe Fratin, Jules Moigniez, Alfred Jacquemart...De trés nombreux élèves de ces grands sculpteurs ont ensuité été à l’origine d’une véritable vague de sculptures à sujets animaliers. Nous ne citerons que quelques uns de ces sculpteurs : Georges Gardet, Isidore Bonheur, Paul Delabrière, Paul Comoléra, Comte du Passage.

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Degas -Cheval en marche

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, un nouveau courant artistique va séduire certains sculpteurs : le mouvement impressionniste. Il s’agissait à l’origine d’un nouveau style pictural dont le nom vient du célèbre tableau de Claude Monet "Impression Soleil Levant" (1874).
L’impressionnisme est une forme d’art qui consiste à prendre l’impression ressentie comme principe de création artistique en laissant de côté tout détail inutile. L’artiste impressionniste se propose de représenter les êtres et les choses d’après ses propres impressions sans se préoccuper des règles généralement admises. La lumière prend une importance primordiale. Ainsi Monet disait ne pas prendre un objet, mais la lumière sur cet objet.

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Frémiet - La fontaine de l’observatoire, Paris

A l’instar des peintres, des sculpteurs vont s’orienter vers un style impressionniste et donner naissance à une sculpture épurée aux surfaces qui accrochent et retiennent la lumière. Edgar Degas, peintre impressionniste et sculpteur est à l’origine de cette tendance appliquée à la sculpture (Le Tub, Cheval marchant, Cheval se cabrant...)

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Falguière- l’Asie

Au XXe siècle l’art entre dans une phase évolutive et, avec une audace croissante, se libère progessivement des entraves du réalisme du siècle passé.
L’artiste contraint désormais la nature à se plier à sa vision du monde et même à s’effacer devant elle. Il devient un prospecteur, un créateur de formes désireux d’inventer un univers inédit pour le substituer au monde familier qui l’entoure.
Les tendances artistiques non figuratives s’accommodent mal de cette forme d’art.
Cependant, c’est ainsi que naissent les grands courants artistiques comme le fauvisme, le cubisme, l’abstraction, le surréalisme.

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Carpeaux-Ugolin

Cependant, face à ces conceptions abstraites, cubistes ou surréalistes a toujours subsisté une sculptyre où la tradition plastique héritée du passé demeure vivante et active.

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CARPEAUX : Allégorie de la Danse

En outre, on constate, une baisse relative du goût pour l’abstraction qui a conduit à une réhabilitation de l’esthétique du milieu du XIXe siècle et un intérêt nouveau pour le "néo".
Tous les artistes sont mus par une force novatrice et une audace créatrice. Ce siècle laissant le champ ouvert à l’initiative, jamais la diversité des styles n’aura été aussi manifeste, les chassés-croisés entre l’abstraction et le figuratif aussi incessants, et le nombre de réponses apportées par les artistes à leur interrogation sur l’art aussi multiple.

Colloque -sculpture du XIX - XX siècle, octobre 2007

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