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Horses and Sculpture - Les bronzes animaliers

Depuis les temps les plus reculés, les premiers hommes ont représenté les animaux qui les entouraient. Avant de tracer sa propre image, l’homme a donc figuré celle de l’animal.

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Sculpture gallo romaine

Et il n’est qu’à penser à des grottes comme celles de Lascaux ou Altamira pour réaliser avec quelle précision l’homme a dessiné les animaux dont dépendait sa survie. Dans quel but ces dessins ont-ils été faits ? Incantation, admiration, moyen pour influencer l’issue de la chasse ? Nous ne le savons pas.

Mais ce qui est certain, c’est que l’image tracée ou peinte à plat s’est vite transformée en volumes. Et la découverte du bronze a beaucoup accéléré cette évolution.

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Bastet ; Chat Egyptien

La représentation de l’animal en ces temps là nous paraît avoir été une nécessité en en même temps elle témoigne d’un sens profond de l’art. Dans ces civilisations antiques, les hommes se sont plus attachés à reproduire les caractéristiques de l’animal que sa reproduction fidèle. Parfois objet de culte, l’animal apparaît dans le rituel sacré mais surtout il constitue un élément décoratif destiné à orner les objets les plus divers. Pensons en particulier aux bronzes du Luristan et à ce que nous avons coutume d’appeler " l’art des steppes". Les bronziers du Luristan - province occidentale de la perse- sont considérés comme les maîtres de la technique de la fonte à cire perdue sans noyau.
Leurs oeuvres, qui couvrent la période allant de 2600 à 600 avant Jésus-Christ, sont souvent de petites tailles et s’accommodent parfaitement de cette technique. Les animaux, aux formes souples et élégantes, sont représentés d’une façon originale qui tient du modernisme abstrait. Certains sont de merveilleuses bêtes hybrides, avec des ailes ou des cornes, qui se pourchassent dans un éternel combat et symbolisent les forces de la lumière et des ténébres.

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Bugatti ; Bison d’Amérique

Il en est de même dans

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Jean Andrey -Tigre à l’affût

l’art des steppes où les motifs animaliers figurent des bêtes s’affrontant dans un combat meurtrier, éternellement aux aguets, en danger, poursuivies, prêtes à bondir. Les phénomènes naturels-le jour, la nuit, l’orage, le soleil, la vie, la mort...- et la nécessité de les expliquer, ont fait naître une mythologie dans laquelle, dans certaines civilisations, l’animal joue un grand rôle. Ainsi, dans l’Egypte antique, l’animal avait un caractère sacré et symbolisait une divinité : Horus, dieu de l’horizon, était représenté par un faucon, Apis, dieu du soleil, par un taureau, Anubis, dieu de la mort, par un chacal...

En Gaule, l’art s’inscrit dans la tradition artistique celte en général (la Gaule a été le territoire celtique le

plus vaste de l’antiquité) et à donné naissance à des oeuvres tout-à-fait remarquables, notamment en bronze. L’animal apparaît sur les objets en bronze de la vie quotidiennne : fibules, agrafes, ceintures, vases, monnaies...Il prend également l’aspect de statuettes en bronze : "Cheval marchant" de Chalon-sur-Saône, "Sanglier", "Cerf","Cheval", "Louves" de Neuvy-en-Sulliars, "Coq" de Saint-Germain-en-Laye.
Les exemples sont nombreux. l’animal le plus représenté chez les Gaulois est le cheval. Nous pourrions également parler de l’art animalier en Etrurie, à Rome, en Asie, en Afrique. Pour résumer, disons que nous devons à l’art animalier antique d’admirables représentations de l’animal et une technique sûre qui a peu évolué jusqu’à nos jours : fonte à la cire perdue, fonte au sable, ces deux techniques sont toujours employées. Puis vint dans l’histoire du bronze animalier, l’éclipse du Moyen-Age. La création artistique en bronze connaît à cette époque une certaine récession et il faudra attendre la Renaissance pour voir le bronze prendre un nouvel essor.
Mais c’est au XIXe siècle que les bronzes animaliers d’édition ou monumentaux connaissent un développement sans précédent. Les artistes français acquièrent une réputation internationale.
L’épanouissement de cet art s’inscrit dans un contexte particulièrement favorable : les découvertes de grands naturalistes comme Buffon et Cuvier, suscitent un nouvel intérêt pour les animaux et, en plus, la chasse trés pratiquée à l’époque, fournit de nombreaux sujets aux artistes.

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Isidore Bonheur - Par dessus la barrière

Dans ce domaine, il faut mettre en exergue le rôle d’Antoine Louis Barye qui, par sa persévérance et sa détermination a réussi à imposer la sculpture animalière, alors rejetée par les milieux artistiques officiels.

Il fut le premier à atteindre une renommée uniquement basée sur la sculpture de l’animal. Il fut ensuite suivi dans cette voie par Pierre Jules

Mène, Nicolas Cain, Christophe Fratin, Emmanuel Frémiet, Alfred Jacquemart, Jules Moigniez. ce sont là les plus grands ; ils feront des émules parmi nombre de leurs élèves dont les plus connus sont Georges Gardet, Isidore Bonheur, Paul Delabrière, Paul Comoléra, le comte du Passage...

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Barye - Lion au serpent

L’art de Barye et de ses disciples est celui de l’affirmation du romantisme qui fait prévaloir le sentiment

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Pierre-Jules Mène - Cheval au palmier

sur la raison et exalte le goût du mystère. Les artistes cherchent l’évasion dans le rêve, l’exotisme ou le mystère. Fidèle à cette tradition romantique, Barye a donné à une partie de son oeuvre une connotation tragique. Il a souvent montré le côté sanglant de la vie des animaux, leur lutte pour leur survie, la férocité, la brutalité. Il sculpte l’animal blessé ou agonisant et se laisse séduire par la faune exotique du jardin des Plantes.

Emergeront ensuite les sculpteurs impressionnistes, Rembrandt Bugatti et François Pompon en particulier. Ces artistes vont s’attacher à rendre non pas la réalité, vécue ou rêvée, mais l’impresssion ressentie. Ils laissent de côté tous les détails jugés inutiles.

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Pompon ; Ours polaire

De là les sculptures lisses et polies de Pompon et la pure délicatesse des animaux de Bugatti. Au XXe siècle, l’artiste acquiert une autre réflexion : il devient prospecteur de formes et, avec une audace croissante, il se libère progressivement des entraves du réalisme passé. Avec conviction, il contraint la nature à se plier à sa vision du monde et même à s’effacer devant elle. Il "brise ses chaines" pour inventer un univers inédit qu’il substitue au monde familier qui l’entoure.

C’est ainsi que naissent les mouvements comme le cubisme, l’abstraction, le fauvisme, le surréalisme. Dans le domaine de l’art animalier, ce tournant marque une étape décisive. Les nouvelles tendances artistiques non figuratives s’accommodant mal de cette forme d’art, on note une certaine regression de la sculpture animalière telle qu’elle était pratiquée au XIXe siècle.

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Etienne Hajdu ; Grillon

Mais les grands noms de la sculpture n’abandonnent pas le bronze animalier et leur choix est délibéré.

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César - Poule André

Quant à l’animal, il doit se soumettre à la main de l’homme qui le transforme selon sa volonté. D’une manière générale, les bronzes animaliers du XXe siècle s’insèrent dans un ensemble de travaux qui, pour la plupart, font appel à d’autres matériaux : pour Cesar le fer, pou Hadju l’aluminium et le cuivre...

Plus que jamais, il est difficile d’enfermer l’artiste dans un mouvement. La vitalité de la sculpture, la diversité des styles, les chassés-croisés entre l’abstraction et le figuratif, témoignet du foisonnement qui s’est emparé de l’art animalier au XXe siècle.

Horses and sculptures, Février 1999

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