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Colloque Européen de la Sculpture-Grand Prix Européen de la Sculpture

Premier Colloque Européende la sculpture

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COLLOQUE EUROPEEN DE LA SCULPTURE – PRIX GERICAULT EXPOSITION DE BRONZES ANIMALIERS

TABLE DES MATIERES

Avant propos…...…………………………………………….…...1

PREMIER COLLOQUE EUROPÉEN DE LA SCULPTURE
• Ouverture, par Jean-Charles HACHET......………....3
• Allocution de bienvenue, par Roger PARMENT, adjoint au maire de Rouen,
chargé des affaires culturelles ….....4
• A propos des collections de sculpture dans les musées de province, par Jean-Pierre SAINTE-MARIE, conservateur du patrimoine, direction des musées de France………………………………………………..5
• Frederic William MAC MONNIES (1863-1937), sculpteur américain à Giverny, par Sophie FOURNY-DARGERE, conservateur du patrimoine, chargée du musée de Vernon (Eure)……………………….7
• Géricault est-il sculpteur ? ?........................................................................10

PRIX GERICAULT, GRAND PRIX EUROPÉEN DE LA SCULPTURE

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• Remise du Prix Géricault 1989 à César BALDACCINI, par Jean LECANUET,
sénateur-maire de Rouen…...…..............................................11
• Réponse de CÉSAR……………………………………………………..................14
• Les sculptures de CÉSAR, par Jean-Charles HACHET…………………………17
• Discours d’André BETTENCOURT, sénateur, membre de l’Institut…………….20

Prix européen de la sculpture « Jeune talent »

• Allocution de Roger PARMENT……………………………...24
• Igor USTINOV, par Jean-Charles HACHET........................25
• François LAVRAT, par Jean-Charles HACHET…………….26

EXPOSITION DE SCULPTURES ET RENCONTRES AVEC LES SCULPTEURS
par Jean-Charles HACHET

1- De l’aube des temps au Prix Géricault : histoire des artistes qui ont choisi le bronze pour immortaliser l’animal ..…27

• Antoine-Louis BARYE ………………………......................28
• Isidore BONHEUR …………………………………………….28
• Antoine BOURDELLE …………..…………………………..28
• Rembrandt BUGATTI ……….……………………………...28
• Thomas François CARTIER ……..………………………….29
• Paul Edouard DELABRIÈRE …………………….……........29
• Christophe FRATIN…………………………………….……..29
• Emmanuel FREMIET…………………………………………29
• Georges GARDET…………………………………………….30
• Pierre-Jules MÈNE……………………………………………30
• Jules MOIGNIEZ………………………………………………30
• Louis de MONARD……………………………………………30
• Comte Arthur Marie Gabriel du PASSAGE…………………31
• François POMPON……………………………………………31

2 – Rencontres avec les sculpteurs ……………………....31

• Marcel BODART……………………………………………....32
• Louis-Henri BOUCHARD…………………………………….33
• René COUTELLE……………………………………..….......34
• Roland DECREVEL…….....................................................35
• Anne GRANIER……………………………………………….36
• Jean GRAVES…………………………………………………37
• Ping Ming HSIUNG…………………....................................38
• Jean JOACHIM………………………………………………..39
• Gilles de KERVERSAU……………………………………….40
• Ferdinand PARPAN.............................................................41
• Henri REDON......................................................................42
• Edouard Marcel SANDOZ...................................................43
• Georges SCHNEIDER.........................................................44
• René STREMON………………………………………………45
• Jacques-Charles THIEBAUD………………………………...46
• Clo VANESCO……………………………………………...….47

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OUVERTURE DU PREMIER COLLOQUE EUROPEEN DE LA SCULPTURE
par Jean-Charles HACHET

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers Amis

Je vous remercie d’être venus aussi nombreux à ce premier colloque européen de la sculpture. C’est là un signe encourageant pour l’art contemporain.

Notre siècle, il faut l’avoir présent à l’esprit, est celui de toutes les tentatives, de toutes les expériences. En effet, les progrès techniques et l’apparition de matériaux nouveaux ont permis aux sculpteurs de se lancer, depuis le début du XXème siècle, dans des recherches souvent téméraires.

Ainsi, le refus du volume affirmé par les cubistes conduit à une négation de la surface de démarcation au nom d’une compénétration plus intime dans l’espace et a pour conséquence une remise en cause de l’essence même de la sculpture. Quant à l’abstraction, qui a été plus lente à s’imposer, elle affirme, à travers l’idée de plans délimitant des vides et suggérant des volumes, le rôle constructif du vide et tend à une « dématérialisation ». Le surréalisme quant à lui a été le recours pour des sculpteurs qui, dans l’entre-deux-guerres, redoutaient le cubisme, l’abstraction et les formes académiques. Il s’agit d’une recherche au-delà de l’apparence qui a amené un sculpteur comme GIACOMETTI à une expression spontanée particulièrement angoissante.

Enumérer toutes les expérimentations auxquelles se sont livrés les sculpteurs contemporains nous entraînerait dans de trop longs discours mais il est certain que cette ardeur créatrice a élargi considérablement notre vision de l’art.

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Toutes ces recherches ont abouti à des interprétations souvent inattendues et insolites de la gent animale. Elles ont aussi été à l’origine d’une certaine régression de la sculpture animalière au cours de la première moitié de ce siècle. Mais l’attrait du réel n’a jamais disparu, et la nature, les êtres et les choses, sont toujours une base de recherche pour nombre de sculpteurs. Et ce retour à la réalité immédiate a donné un regain de vigueur à la sculpture animalière.

De nombreux artistes font une part de plus en plus importante aux sujets animaliers dans leur œuvre. Ainsi, par exemple CESAR a constitué un bestiaire extraordinaire peuplé d’étonnants animaux et de gallinacés humanisés et facétieux. Louis LEYGUE, qui tend dans ses sculptures à recréer le réel en ne le conservant qu’en des lignes et des formes conçues par l’esprit, a abondamment représenté le cheval. Charles CORREIA, artiste trop tôt disparu, a dans le cadre de ses travaux d’ornementation des espaces publics, sculpté de remarquables œuvres animalières particulièrement réalistes.

L’attrait qu’exerce l’art animalier sur les jeunes artistes se manifeste par le renouveau des vocations animalières : Gilles de KERVERSEAU, René STREMON et sa femme Anne GRANIER, Henri REDON, François LAVRAT… sont des exemples de la vitalité de cet art. Sans oublier tous les artistes qui, tel Igor USTINOV, font une place à l’animal dans leurs travaux.

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Ainsi dans l’art et dans la vie quotidienne, l’animal a retrouvé son importance. Il faut rappeler que le grand mérite des sculpteurs animaliers romantiques du XIXème siècle a été de nous faire redécouvrir cet art de la représentation de l’animal et de lui donner un épanouissement sans précédent. Les impressionnistes ont ensuite su le faire évoluer en dehors des règles généralement admises, pour aboutir a une interprétation plus libre, ouvrant la voie à la sculpture moderne. De nos jours il maintient sa présence par la magie des artistes qui savent comprendre son message d’amour et de fidélité.

REMISE DU PRIX GERICAULT 1989 A CESAR BALDACCINI

Par Jean LECANUET
Sénateur-Maire de Rouen

Aujourd’hui, nous allons décerner pour la première fois le Grand Prix Européen de la Sculpture, Prix Géricault. Comme vous le savez, il s’agit de la première édition d’une biennale qui est organisée par l’Association pour le Grand Prix Européen de la Sculpture, avec le concours de la Ville de Rouen, du Conseil Général de Seine Maritime et de la région de Haute Normandie.

Ce Grand Prix est le fruit d’une idée géniale de notre ami Jean-Charles HACHET. Il est le reflet de la politique de la Ville de Rouen. Et, en l’accueillant, mon souhait est de faire place à l’art contemporain, à la création d’aujourd’hui, sans restriction de tendances ou d’écoles, en un mot à l’Art vrai.

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Car il ne faut ni exclure, ni rejeter certaines initiatives artistiques ; car il ne faut ni ligoter, ni proscrire certaines autres. J’aimerais que tous les artistes puissent exprimer leur idéal car c’est à ce prix me semble-t-il que la création pourra s’inscrire dans la durée et prétendre à la postérité. La liberté de l’Art porte en elle avec éclat l’histoire du Beau.

Depuis toujours, l’artiste détient le pouvoir de communiquer du particulier au général, de communiquer une expérience singulière. Et, en communiquant avec nous, il nous met en relation les uns avec les autres dans la contemplation d’une œuvre. L’artiste nous transporte dans le domaine du rêve ; il nous donne à voir la solidité de l’éphémère, la présence cachée des personnes et des choses.

Cette manifestation est l’occasion de rappeler à chacun que la sculpture tend vers l’absolu, quel que soit l’artiste ou le matériau. Chacun avec ses particularismes, sa créativité, sa personnalité, participe à la richesse artistique de notre époque. Certains y ajoutent le génie. C’est le cas de CÉSAR, dont le profil rayonnant est le signe du Maître.

CÉSAR, c’est la création authentique qui se joue des académismes et des fausses apparences, ces novations qui n’en sont pas.

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CÉSAR est une « star » dans le domaine de l’art. Mais aucune de ses œuvres n’est plus énigmatique que lui-même : célèbre aux quatre coins du monde, spécialiste de la récupération des rebuts du monde industriel, attentif au langage de toutes les matières –pourvu qu’elles sachent lui parler–, sculpteur de la forme mais aussi auteur de magnifiques tableaux et dessins, CÉSAR est un personnage exceptionnel par sa liberté d’esprit. Aucun snobisme n’a réussi à le récupérer. Cet anticonformiste-né est aussi un personnage chaleureux, haut en couleur, à la verve ensoleillée.

Votre œuvre, CÉSAR, est monumentale, colossale, n’ayons pas peur des mots, et pourtant vous avez su rester modeste. Vous êtes l’un des plus grands et des plus célèbres des artistes vivants, mais vous privilégiez toujours la sympathie et l’amitié.

Vous n’êtes pas un théoricien, mais un praticien qui ne s’appuie pas sur le discours mais sur le travail pour mériter sa réputation.

Alors soyez récompensé CÉSAR et recevez le témoignage de vos contemporains à travers ce Grand Prix Européen de la Sculpture.

Réponse de CÉSAR

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Je suis d’autant plus heureux d’être à Rouen aujourd’hui, que depuis quelques années je suis devenu l’un de vos voisins. En plus de mon domicile parisien, j’ai un atelier normand à Bréauté-Beuzeville près du Havre, donc près de chez vous. Mon fondeur Bocquel met là à ma disposition des surfaces qui me permettent d’assouvir mes obsessions de gigantisme. Elles doivent venir de ma petite taille…

C’est pour cela que depuis le début des années 70, j’ai fait pousser mes sculptures : elles sont devenues géantes, même mes expansions n’y ont pas échappé. Pour ma ville natale, Marseille, j’ai fait une sculpture de 10 mètres de haut, une « Pale d’hélice » ; pour Paris, un grand Centaure en hommage à Picasso, 4,70 mètres de hauteur, 5 tonnes de bronze ; pour Jouy-en-Josas près de Paris, une grande plaque de 17 mètres de haut en « Hommage à Eiffel ». Ce sont des exemples, il y en a d’autres, en France et à l’étranger. Mais n’allez surtout pas croire que je suis spécialisé dans les sculptures géantes. Je ne connais pas la spécialisation, ni dans un style, ni dans une matière.

Car moi, je ne suis pas un sculpteur d’idées, je suis un sculpteur qui travaille avec ses mains et avec la matière. Mon art exige de moi un engagement total de ma personne. Il suffit que je trouve le matériau qui correspond au travail que je veux faire et à l’effet que je veux donner. Quand je touche la matière, c’est toute mon affectivité, tout mon être qui s’exprime et j’éprouve une exaltation jusqu’à l’accomplissement de l’œuvre. Je sens intensément le métal et il faut que je fasse mienne sa forme définitive.

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Cet instinct de la matière est mon bien le plus précieux. Mon cerveau fonctionne seulement quand mes mains sont en contact avec une matière qui me renvoie des sensations. C’est par exemple la chaleur d’un matériau ou sa dureté ou sa souplesse. Sans ce contact avec la matière, je ne sais rien faire.

J’ai utilisé et je continue à utiliser toutes les matières qui présentent un intérêt pour moi, aussi bien du carton, des chiffons, du plastique, que de la ferraille, de l’or, de l’argent, du bronze, du marbre… Je vois une âme dans le matériau qui sait me parler et j’ai la même attitude avec les matériaux précieux qu’avec la ferraille ou le carton. Chaque matériau est noble. Ce qui compte ce n’est pas son prix, sa valeur marchande, c’est son contenu, celui que j’y vois.

Créer, c’est me battre avec la matière, la plier à ma volonté. Je brasse la matière, je la comprime, je la tords, je la transforme. Je crée tout simplement et je ne me suis jamais préoccupé d’autre chose.

Pour créer, il faut d’abord que je regarde le matériau, que je me concentre dans le calme et avec une certaine technique, je tire des choses possibles. Par exemple avec de la ferraille et un poste à souder, je peux faire des assemblages. En les travaillant, ils peuvent devenir des animaux, des plaques… Pareil quand j’ai découvert la mousse de polyuréthane, j’ai cherché à la comprendre pour la laisser s’exprimer librement, mais aussi à la contrôler.

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Je travaille chaque matériau en respectant sa personnalité. C’est ma manière à moi de me l’approprier. Je rends hommage à la matière en la façonnant.

A l’origine de chaque étape de mon parcours, il y a la découverte d’une nouvelle matière ou d’une technique ou d’une idée neuve qui vient relancer mon intérêt pour une matière ou une technique ou un instrument. C’est ma manière de réagir contre l’engourdissement. Il faut toujours aller plus loin, toujours mieux faire. Je suis à la recherche constante d’autre chose, de la beauté, de la nouveauté. Pour y parvenir, je change si besoin est de chemin. Mon attitude n’est jamais rigide ou immuable.

Un autre point important pour moi, c’est de démystifier la machine. La machine est partout, elle a envahi notre vie. En me l’appropriant, je lui donne une dimension nouvelle et elle devient plus humaine puisqu’elle m’aide à exprimer une certaine sensibilité. Car pour moi la sculpture contemporaine doit nécessairement assimiler la réalité du progrès technologique.

Par rapport au passé, par rapport à la tradition, je considère que j’ai une approche moderne de l’art mais qu’elle reste dans les limites de la tradition. J’ai d’ailleurs pratiqué le nu académique pendant plusieurs années et je me veux avant tout un statuaire. Mes conceptions de la sculpture m’ont parfois été reprochées parce qu’elles remettent en cause nos habitudes beaucoup plus rigides de voir et de penser. Comme Picasso, j’aime jouer avec les formes, j’aime découper, écraser ; je laisse la matière s’expanser, je fais des compositions, des assemblages… Cette liberté, c’est la vérité de la création. La sculpture, ce n’est pas seulement un langage, c’est un moyen qui permet d’accueillir le monde en moi, de l’assimiler, de le comprendre.

Que vous dire pour terminer ? Je n’ai pas de théorie ; mon art est celui de l’imagination et de la créativité.

Naviguez parmi les différents ouvrages de la collection J.C. Hachet.

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